Canevas de discussion
L’ontologie processuelle de la donnée en ses termes
Conçu et dirigé par David Bories — Albi, France.
Rédigé en utilisant l’intelligence artificielle générative.
contact@artisanat-de-la-donnee.fr · https://artisanat-de-la-donnee.fr
Canevas de discussion
L’ontologie processuelle de la donnée en ses termes
David Bories — Travail en cours, 2026
Préambule — Mode d’emploi
Ce document n’est pas fait pour être lu d’un trait, ni à voix haute. C’est un canevas : une trame de termes sur laquelle on brode oralement. Chaque entrée nomme une notion de l’ontologie processuelle, la cadre en quelques phrases, et ouvre une amorce de discussion. Le développement, lui, se fait à la parole : le canevas met sous la main le vocabulaire exact ; à celui qui parle de le déployer.
Il se distingue en cela du manifeste — qui remplace les termes par des images pour donner envie — et de la synthèse — qui développe et referme chaque point. Ici, on cadre et on ouvre. Le texte reste volontairement bref pour laisser à l’oral toute sa place.
Une règle gouverne l’usage des termes en discussion : la distinction du fond et de la forme. Le corpus n’affirme que ce qui est vrai de la donnée indépendamment des techniques du moment (le fond) ; il s’interdit de prescrire les mises en œuvre concrètes (la forme), qui se périment avec les outils. En débat, on défend donc le concept, jamais une implémentation particulière : les exemples contemporains illustrent, ils ne fondent rien.
Les termes sont rangés selon les trois temps de la donnée — fabrication, circulation, réception — suivis des notions transversales et d’une série de questions vives.
Temps I — Fabrication : la donnée naît
Flux du réel. Le monde en écoulement continu, indifférent, inépuisable, qui ne s’arrête jamais pour se laisser compter. Il n’est pas fait de données : il est fait d’événements qui passent. La donnée n’y préexiste pas ; elle en est extraite. À débattre : si le réel n’attend pas qu’on le mesure, en quoi cela change-t-il l’idée que « les données sont là, il suffit de les recueillir » ?
Prélèvement et acte d’inscription. La donnée naît d’un geste : quelqu’un perçoit, distingue, interprète, vise un fragment du flux, et l’inscrit sur un support — cinq facultés. Avant ce geste, pas de donnée ; après, une trace fixée. Le geste est intentionnel et situé : il retient une chose et en laisse filer mille. À débattre : qui prélève, avec quelle intention — et que laisse-t-on hors champ à chaque inscription ?
Flux d’observation, le canal. Non pas un prélèvement isolé, mais une série réglée de prélèvements, cadencée selon une intention, qui restitue par petites touches le mouvement d’un fragment du réel. C’est le canal qu’on creuse dans le fleuve : infiniment plus pauvre que lui, mais maîtrisable — on le suit, le rejoue, le relie, le confie, le comble. À débattre : passer du « seau » (la donnée isolée) au « canal » (le flux réglé) — qu’est-ce que cela déplace dans la manière de travailler la donnée ?
Intention et critères. Un canal naît d’une intention, d’où découlent les critères qui le règlent : quoi prélever, à quelle cadence, avec quelle fidélité, avec quel corpus de contexte, sur quel périmètre. Ces critères sont la signature de l’intention. Un canal ne ment pas sur le réel ; il ne montre que ce que ses critères admettent. À débattre : devant un chiffre, faut-il d’abord demander « que dit-il ? » ou « quelle intention l’a fait naître ? »
Les deux temps de la donnée. La donnée naît de deux gestes : un acte, qui la fixe à un instant pour toujours ; un support, qui la fait durer. D’où la résolution d’un paradoxe : la donnée est à la fois figée (son contenu ne change pas) et vieillissante (l’écart au réel se creuse). Elle a deux temps — l’un éternel, l’autre qui dérive — qui ne mesurent pas la même chose. À débattre : comment une chose figée peut-elle vieillir ? Et que vieillit-il, au juste, si ce n’est pas le contenu ?
Fraîcheur et péremption. La péremption n’est pas une altération de la donnée, mais la relation qui se creuse entre une donnée immobile et un réel mobile. Sa vitesse n’appartient pas à la donnée : elle appartient au fragment de monde prélevé. La fraîcheur ne se rattrape pas — on ne rajeunit pas une donnée, on en prélève une nouvelle. À débattre : si toute donnée se périme, qu’est-ce que cela fait à l’idée de « patrimoine de données » ou de donnée comme « nouveau pétrole » ?
Sources stables. Cas où la péremption est si lente, relativement à l’usage, qu’elle est imperceptible : grammaire d’une langue, constante physique, fait historique établi. Stabilité non comme absence de mouvement, mais comme rapport entre deux vitesses. Solidité réelle — à condition de la tenir pour une longue durée, jamais pour une éternité. À débattre : sur quelles « sources stables » une société bâtit-elle, et que risque-t-elle à confondre une source stable avec une source qui se périme vite ?
Optimum observationnel. Plus n’est pas mieux. Entre le sous-prélèvement (on passe sous le seuil, on perd le signal) et la sur-ingénierie (on prélève au-delà du nécessaire, on ne gagne rien sinon du coût), il existe une zone où le canal est creusé au mieux. L’optimum est le réglage conjoint de la cadence, du corpus et de la probité qui maximise l’écart favorable entre bénéfice et coût, pour l’usage visé. Il n’existe pas d’optimum universel : la question — le réel observé peut-il changer significativement entre deux prélèvements ? — se repose à chaque fois. À débattre : contre le réflexe « toujours plus de données », où se situe le « juste assez » — et qui en juge ?
Saut systémique. Au-delà d’un seuil, l’accumulation d’améliorations cesse d’améliorer et se met à transformer : le régime change de nature. Des images assez rapprochées ne donnent pas une suite de photos plus dense — elles donnent le cinéma. Une transmission assez accélérée ne donne pas un courrier plus prompt — elle donne l’instantanéité. Le saut se mesure à ce qu’il rend possible (et qui n’existait pas) et à ce qu’il rend caduc (et qui semblait acquis). Le concept pointe la possibilité ; il ne prédit ni quand ni où (forme). À débattre : quels « sauts systémiques » avons-nous déjà traversés sans les nommer — et qu’ont-ils rendu caduc ?
Données consolidées et flux dérivés. D’un flux d’observation on peut extraire des données consolidées — moyennes, tendances, statuts — à haute valeur d’usage ; et un flux peut en engendrer d’autres, de second ordre, plus denses. Les flux engendrent des flux. On les stocke, rejoue, épure, enrichit, fusionne, transmet, supprime — autant de prises gagnées sur un réel qui, lui, se perd à chaque instant. À débattre : à mesure qu’on consolide et qu’on dérive, que perd-on du prélèvement d’origine — et le sait-on encore ?
La boucle, ou l’observation non neutre. On observe pour décider, on décide pour agir, et l’action transforme le réel — qui appelle de nouvelles observations. Observer pour agir, c’est entrer dans le mouvement du réel et le modifier. La donnée n’est jamais un simple miroir : elle participe de ce qu’elle prétend décrire. À débattre : où voit-on une observation transformer ce qu’elle observe — et qui assume cette transformation ?
Temps II — Circulation : la donnée voyage
Acte d’échange. Le troisième geste, symétrique de l’acte d’inscription : mettre une donnée en mouvement vers un destinataire. Échanger n’est jamais un transfert neutre ; le geste appelle quelqu’un et engage une responsabilité. À débattre : qu’engage-t-on, exactement, au moment où l’on décide de transmettre une donnée ?
Support de transport. Toute donnée en mouvement est, à chaque instant, inscrite sur un support physique : il n’y a pas de transport immatériel. Le support remplit trois fonctions minimales — déplacer, transmettre, rendre accessible. À débattre : que change le fait de rappeler qu’aucune donnée ne circule « hors-sol », sans matière ni énergie ?
Double navigation. En se déplaçant, la donnée accomplit deux trajets à la fois : une navigation spatiale (le support change de lieu — voulue, maîtrisée) et une navigation temporelle (le réel s’éloigne pendant le trajet — subie). Transporter, c’est toujours, en plus, laisser vieillir. À débattre : à quel moment le « voyage dans le temps » d’une donnée transportée devient-il un problème pratique ?
Transport comme rapport entre deux déplacements. Le transport n’est accompli que si deux mouvements se rejoignent : celui de la donnée vers le lecteur, et celui du lecteur vers la donnée. Son critère d’accomplissement : la part du lecteur rendue praticable — qu’il ait le temps, le moyen, le code d’en faire quelque chose. À débattre : déposer une donnée « à portée » de quelqu’un qui ne peut pas la déchiffrer — est-ce l’avoir transmise ?
Fidélité du transport. Une donnée peut arriver corrompue, tronquée, ou intacte mais détachée du contexte qui la rendait lisible. La fidélité n’est jamais garantie d’avance : le support a-t-il tenu, le format survécu, le sens transmis avec ce qu’il faut pour le comprendre ? À débattre : qu’est-ce qui se perd le plus souvent en route — la donnée elle-même, ou ce qui permettait de la lire ?
Multiplication par copie. Transmettre une donnée, ce n’est pas la déplacer, c’est la copier : l’original reste, une réplique apparaît. La donnée ne se multiplie pas — il y a toujours un seul fait —, ses porteurs se multiplient. Elle se partage comme un fait, sans déposséder qui la transmet. D’où une diffusion potentiellement illimitée, aux deux visages : communs ouverts d’un côté, fuites irrattrapables de l’autre — la même loi vue de deux côtés. À débattre : la générosité (le commun) et la fuite procèdent de la même propriété — comment penser l’une sans nier l’autre ?
Propagation. L’agrégat des transports : la donnée déposée partout à la fois. Rendre commun, ce n’est pas multiplier la donnée, mais abaisser le coût de la part du lecteur jusqu’à ce que le plus grand nombre puisse l’accomplir — ce que fit, historiquement, la bibliothèque publique. À débattre : « rendre commun », est-ce ouvrir l’accès à la donnée, ou rendre praticable la lecture pour le plus grand nombre ?
« Propager la donnée n’est pas propager la connaissance. » La donnée arrive à portée ; l’information, la connaissance, la sagesse ne voyagent pas avec le signal. Elles exigent que le lecteur fasse sa part — déchiffrer, intégrer. Une société peut être traversée de données comme jamais sans en être plus savante. Aucun perfectionnement du transport n’accomplira la part du lecteur à sa place. À débattre : sommes-nous mieux informés parce que mieux abreuvés de données — ou est-ce une confusion ?
Empêchement du transport. Le rapport peut être empêché de deux manières, de fond différentes. L’empêchement volontaire, le secret : on ferme l’accès pour un intérêt propre. L’empêchement involontaire, l’incapacité : le destinataire ne peut pas faire sa part, faute de code, de moyen, d’accès. Remédier à l’incapacité sans forcer les secrets ouvre la place d’un artisanat de la donnée. À débattre : faut-il traiter de la même façon ce qui est caché par choix et ce qui reste illisible par manque de moyens ?
Torrent, sur-débit, auto-amplification. Multipliez canaux, copies, vitesses, destinataires : le ruisseau devient torrent — le régime où nous marquons le réel plus vite qu’aucun regard ne peut suivre. Vu du lecteur, c’est le sur-débit : il passe devant chacun infiniment plus que ce qu’il peut recevoir, toujours relatif à sa fenêtre finie. Le torrent grossit par auto-amplification : la circulation appelle la circulation, la boucle creuse son propre lit. À débattre : le sur-débit est-il un fait de la technique, ou de nos choix de prélever et de propager toujours plus ?
Sagesse collective. À l’échelle d’un collectif, s’abstenir ou infléchir un régime de circulation n’est jamais neutre — c’est une position, dès lors qu’elle est rendue visible et délibérée. Grille de lecture, non drapeau : elle décrit la structure d’un choix collectif (adopter ou refuser un régime), sans l’approuver. À débattre : décider collectivement de ne pas tout capter ni tout propager — est-ce une renonciation, ou une décision pleine ?
Temps III — Réception : la donnée est lue
Acte de lecture. Plus court que l’acte d’inscription : il mobilise percevoir, distinguer, déchiffrer, et s’arrête là. Il ne vise ni n’inscrit — ce serait produire une donnée nouvelle, non lire celle qui est là. Lire un thermomètre ne fabrique pas un second thermomètre. À débattre : où s’arrête la lecture et où commence une nouvelle inscription ?
Lecteur situé. Celui qui lit n’est jamais un regard de nulle part : il lit depuis un corps (ou, pour une machine, un entraînement), une attention finie, un corpus de connaissances qui lui permet de déchiffrer ceci et pas cela. La machine qui « lit » est un lecteur situé de plus, avec sa propre fenêtre — asymétrie à examiner, non frontière nette. À débattre : la même inscription ne livre pas la même chose à tous — qu’est-ce que cela implique pour l’idée de donnée « objective » ?
Fenêtre de lecture. La portion bornée de ce qui défile qu’un lecteur peut saisir, découpée par son corps, son attention, son savoir. La fenêtre n’est pas une prison mais la condition de toute lecture : c’est parce qu’elle découpe qu’elle montre. Les instruments (loupe, filtre, résumé) déplacent la fenêtre ; ils ne l’abolissent jamais, et chaque déplacement ouvre de nouveaux angles morts. À débattre : peut-on rêver d’une lecture « totale », ou la borne est-elle ce qui rend la lecture possible ?
- La trace, ou la donnée. Sans lecture, la donnée redevient trace
- une marque sur un support, privée de l’interprétation qui en faisait une donnée. Le basculement entre trace et donnée ne se produit que dans l’acte de lire. Une donnée que nul ne lit n’est pas une donnée diminuée
- c’est une trace qui attend. À débattre : qu’est-ce qui, d’une montagne de données stockées et jamais lues, est encore « donnée » ?
Donnée muette / donnée morte. La donnée muette a une interprétation, mais ce lecteur-ci ne la possède pas : état relatif et réversible (muette pour moi, lisible pour un autre, ou pour moi demain). La donnée morte est le cas limite où plus aucun lecteur, nulle part, ne peut l’interpréter : l’interprétation est universellement perdue, il ne reste que l’inscription. Le torrent fabrique en masse de la mutité, et à la longue un peu de mort. À débattre : comment distinguer, dans ce qu’on n’a pas lu, ce qui est muet (récupérable) de ce qui est mort (perdu) ?
Trois chemins vers la trace. Une donnée n’est pas lue pour trois raisons, qui n’appellent pas la même réponse. L’incapacité : on ne peut pas lire (code, moyen, accès manquants) — remédiable. Le désintérêt : on pourrait lire mais on ne le fait pas — affaire d’attention, non de moyen. La péremption rapide : la donnée n’a pas attendu — sa fraîcheur était trop brève. D’où l’énoncé central : toutes les traces non lues ne sont pas des échecs. À débattre : la tâche du lecteur débordé n’est pas de tout lire, mais de discerner ce qui vaut d’être lu — selon quels critères ?
Trois postures. Devant le sur-débit, le lecteur dispose de trois gestes, combinables, chacun avec son coût. Cadrer : choisir délibérément ce qu’on regarde et ce qu’on laisse passer. Déléguer : confier sa lecture à un autre — humain ou machine — en héritant de sa fenêtre et de ses bornes. Accepter : consentir avec lucidité à ce qu’une part échappe. À débattre : quand on délègue sa lecture à une machine, de quoi hérite-t-on sans toujours le voir ?
Probité du lecteur. L’éthique minimale de qui sait ce qu’il lit, ce qu’il ne lit pas, et ce qu’il a délégué de sa lecture. (À ne pas confondre avec la probité comme variable de l’optimum — la fiabilité du prélèvement, au temps 1.) À débattre : qu’est-ce qu’une lecture honnête à l’ère du sur-débit, quand nul ne peut tout lire ?
Le référent. Quand le déchiffrement d’un lecteur bute sur la limite de son corpus, il se tourne vers un corpus plus riche : le non-connaisseur vers le connaisseur. Rapport asymétrique mais réciproque dans son principe — chacun est le connaisseur de quelqu’un et le non-connaisseur d’un autre — et qui n’est pas une hiérarchie de valeur entre personnes. À débattre : à qui se fie-t-on pour lire ce qu’on ne sait pas lire — et comment ce rapport peut-il aider sans déposséder ?
Notions transversales
Donnée observée / donnée vraisemblable. L’observée est prélevée du flux du réel ; la vraisemblable est produite par modélisation — elle ressemble à une observation sans en être une. La distinction commande tout le rapport aux contenus générés (statistiques, simulations, sorties d’IA). À débattre : à quoi reconnaît-on, et avec quelles conséquences, qu’une donnée a été observée plutôt que produite ?
Inappropriabilité du flux. On peut posséder un fichier, un support, une inscription — un canal. On ne possède pas le flux du réel, qui s’écoule pour tous à la fois. Leçon de modestie (nul n’a le fleuve) et de liberté (nul ne peut prétendre le posséder à notre place). À débattre : la vraie question politique est-elle « qui possède les données ? » ou « qui décide de ce qu’on prélève, et qui garde l’accès au flux ? »
Fond / forme. Le corpus dit ce qui est vrai indépendamment des techniques (le fond) et s’interdit de prescrire les implémentations (la forme). Affirmer qu’un optimum existe est de fond ; dire où il se situe ici est de forme. Les exemples datés illustrent, ils ne fondent pas. À débattre : comment tenir un propos durable sur la donnée quand les techniques, elles, se périment vite ?
Fait partageable entre disciplines. Le corpus n’apporte ni méthode ni outils, mais une grammaire conceptuelle commune à des disciplines qui produisent, échangent et lisent des données sans partager les termes pour en penser le statut. À débattre : à quelles conditions une donnée devient-elle un fait partageable d’un domaine à l’autre ?
IA et LLM (statut illustratif). Dans le corpus, l’IA n’est pas un concept mais une illustration. Un grand modèle de langage est une sauvegarde : appris d’un monde figé à une date, il diverge du présent — d’où les tentatives de le rebrancher en direct sur le flux. On peut le lire comme un saut systémique du stockage, et comme un lecteur situé de plus. À débattre : l’IA déplace-t-elle le geste de la connaissance plutôt qu’elle ne le remplace — et que comble-t-elle en silence ?
L’artisan de la donnée — un métier vacant. Cas particulier du référent : le référent du domaine propre de la donnée, pour les très petites structures exclues de l’économie industrielle de la donnée. Le corpus en établit la nécessité et en appelle la création — il ne le décrit pas comme existant. Posture : aider, rendre autonome, ne pas déposséder. À débattre : à supposer ce métier nécessaire, qu’est-ce qui le distinguerait d’un prestataire qui se rend indispensable ?
Questions vives — points de controverse
Une dizaine d’entrées pour lancer et tenir une discussion. Chacune mobilise ses termes.
- La donnée est-elle une chose qu’on collecte, ou un prélèvement qu’on opère ? (flux du réel, prélèvement, acte d’inscription)
- Si toute donnée se périme, qu’est-ce qui justifie encore d’en accumuler ? (deux temps, fraîcheur, péremption, sources stables)
- « Toujours plus de données » : progrès, ou erreur de réglage ? (optimum observationnel, sous-prélèvement, sur-ingénierie)
- Quand une amélioration cesse-t-elle d’améliorer pour transformer ? (saut systémique)
- Propager la donnée, est-ce propager la connaissance ? (propagation, part du lecteur)
- Le sur-débit est-il subi, ou produit par nos choix ? (torrent, sur-débit, auto-amplification)
- Une donnée que personne ne lit existe-t-elle encore comme donnée ? (trace, donnée muette, donnée morte)
- Toutes les traces non lues sont-elles des échecs ? (trois chemins vers la trace)
- Déléguer sa lecture à une machine : de quoi hérite-t-on ? (lecteur situé, fenêtre, trois postures)
- La question politique de la donnée : qui possède, ou qui prélève et accède ? (inappropriabilité du flux)
- Une donnée observée et une donnée vraisemblable ont-elles le même statut ? (observée / vraisemblable, IA)
Pour le développement complet de chaque notion, voir le corpus À l’épreuve du flux — une ontologie processuelle de la donnée (huit volumes). Ce canevas n’en est que la table des termes, ouverte pour la discussion.
David Bories — Conçu et dirigé par l’auteur.